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Main Data
Author: Adèle de Reiset
Title: Souvenirs de la cour de Russie sous l'empereur Alexandre, de 1807 à 1813
Publisher: Librorium Editions
ISBN/ISSN: 9783967994926
Edition: 1
Price: CHF 1.40
Publication date: 01/01/2020
Content
Category: Biografien
Language: French
Technical Data
Pages: 300
Kopierschutz: Wasserzeichen
Geräte: PC/MAC/eReader/Tablet
Formate: ePUB
Table of contents
1807 !... glorieuse époque !... Oh ! quel est celui d'entre nous qui ne sent pas son cur battre d'un noble orgueil en reportant sa mémoire vers ce temps à jamais célèbre, où le nom Français, semblable aux magiques talismans des siècles chevaleresques, faisait courber les plus hauts fronts et fléchir les plus opiniâtres volontés ! Napoléon ne pouvait plus monter désormais ; debout sur l'immense piédestal que son génie militaire et politique avait construit à force de conquêtes et d'habileté, il montrait à l'Europe, humiliée de tant d'audace, sa majestueuse figure dominant de toute la puissance colossale d'un héroïsme excentrique, les figures homériques dont elle était environnée.

Adèle de Reiset (1796-1853) Baronne, femme de lettres
Table of contents

I  La Russie en 1807.

1807 !... glorieuse époque !... Oh ! quel est celui dentre nous qui ne sent pas son cur battre dun noble orgueil en reportant sa mémoire vers ce temps à jamais célèbre, où le nom Français, semblable aux magiques talismans des siècles chevaleresques, faisait courber les plus hauts fronts et fléchir les plus opiniâtres volontés ! Napoléon ne pouvait plus monter désormais ; debout sur limmense piédestal que son génie militaire et politique avait construit à force de conquêtes et dhabileté, il montrait à lEurope, humiliée de tant daudace, sa majestueuse figure dominant de toute la puissance colossale dun héroïsme excentrique, les figures homériques dont elle était environnée. La France, fascinée par tant de victoires, séduite par le superbe rôle quon lui faisait jouer dans le grand drame européen ; vaine, jusquà livresse, de lencens quon lui prodiguait ; la France, prosternée en esclave aux pieds de son auguste chef, faisait sentir à son tour le poids du joug quon lui imposait, aux nations étrangères, quelle tyrannisait de son côté, afin de se dédommager de lobligation dune obéissance passive, si peu daccord avec son caractère indépendant.

La Russie, ce vaste empire du Nord, qui ne luttait quen tremblant contre le nouvel empire prêt à envahir son territoire, la Russie, malgré son orgueil aristocratique, saluait, elle aussi, avec respect, lastre qui resplendissait à lOccident, et caressait, en soupirant de dépit, mais sans oser le faire paraître, les satellites lumineux de cette belle planète.

Cest à la fastueuse cour de celte Russie, qui devait plus tard ensevelir dans ses neiges destructives nos valeureux bataillons, cest à cette cour prestigieuse que se passait la majeure partie des scènes que nous allons esquisser ici ; cest presque remonter au siècle de Louis XIV, dont la mode semblait avoir pris à tâche de copier toutes les traditions ;